Dans un entretien accordé aujourd’hui dans les Échos, le cinéaste et président/fondateur d’Europacorp, Luc Besson, souhaite proposer la diffusion de films sur Internet dès le premier week-end de sortie en salle à un prix “premium”. Ainsi, afin d’endiguer le fait de vouloir passer outre la chronologie des médias par le biais du téléchargement illégal, Luc Besson indique qu’il est”pour l’éclatement de la chronologie des médias” ajoutant que cela fait plusieurs années qu’il essaie de “convaincre le cinéma français qu’il ne faut pas aller contre l’évolution des pratiques du consommateur (… ) Pour ma part, je serais favorable à la création d’une offre premium sur Internet de quarante-huit heures, le samedi et le dimanche qui suivent la sortie du film en salle. Cette offre pourrait être commercialisée à un prix de 25 à 35 euros.

Même si cette offre va dans le sens d’une fin prochaine de la chronologie des médias, cette proposition me semble insuffisante par son aspect de “prix premium“.

En effet, ce type de prix (élevé) ne semble pas comporter suffisamment d’aspects concurrentiels (en comparaison à la consommation illégale/gratuite). Même si le fait de regarder un film très vite après sa sortie en salle peut être considéré comme un avantage qui se monnaie, ce type de prix va très probablement se confronter à la gratuité/abondance d’offre liées à l’Internet ainsi qu’à l’équation effectuée par le consommateur entre le prix payé et le risque perçu lié à la possibilité de “se faire prendre” :  “A quel point est-ce risqué de télécharger illégalement un film sur Internet?” Aujourd’hui, il est presque néant. Grâce à la riposte graduée (fictive ou réelle et surtout si elle est mise en oeuvre), cette crainte augmenterait très certainement. De plus, au niveau du prix, il était auparavant possible de proposer un film à un prix premium parce que les circuits de distribution étaient contrôlés. Aujourd’hui, chacun peut obtenir n’importe quel film gratuitement sur Internet. Il est donc nécessaire de se poser une seconde question : “A quel niveau de prix, serais-je prêt à acheter un film sur Internet?” Très certainement grâce à des prix beaucoup plus bas (et non pas premiums). L’évolution et plus précisément l’équilibrage de ces deux éléments(risque perçu et prix payé) pourraient ainsi résulter sur une préférence envers les offres légales/payantes.

Situation actuelle :

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Situation à envisager :

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About Cédric Bellenger

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